De Michel Herszlikowicz à Michael Bar Zvizl :
Une trajectoire initiée par le DEJJ
Nombre d’adolescents à la JAC de Paris ont côtoyé Michel Herszlikowicz et son frère Albert. Michel avec son regard bleu, son charisme, son engagement et son sens de l’amitié s’est formé à l’école du DEJJ et illustre par son parcours de vie ce que le DEJJ suscitait de meilleur.
Le terme « éducatif » dans son sens le plus noble a d’abord et avant tout été illustré par son père rescapé des camps de la mort.
L’enfance d’Albert et de Michel a été imprégnée par la sagesse et la force résiliente de leur père qui leur a inculqué outre l’amour de la vie et l’humour, la règle des 3 T : Tradition, Traduction, Transmission.
A l’adolescence le terreau était prêt pour adhérer pleinement au projet du DEJJ.
C’est ainsi qu’avec quelques camarades du lycée Turgot situé à proximité de la République Michel est arrivé à la JAC découvrant le monde des jeunes séfarades fraîchement débarqués.
Mady Elalouf a vite repéré son potentiel.
J’ai connu Michel en 1965 à mon arrivée au DEJJ et nous avons partagé les activités de la JAC, les camps d’été et d’hiver, comme Nevers, la Tour de Mare, Boltigen, et point d’orgue Israël en juillet 1967.
Après un doctorat de Philosophie en France, élève de Lévinas et de Pierre Boutang, il est monté en Israël en 1975 et dès lors s’est appelé Michael Bar Zvi.
En parallèle à son activité professionnelle dans l’Enseignement et les Sciences de l’Éducation en Israël il a été délégué pour l’Agence juive et rencontrait régulièrement Mady Elalouf et des dirigeants communautaires sur l’Europe francophone.
Délégué du KKL de 2002 à 2009, son sionisme était une évidence depuis l’enfance. Son père disait qu’après la Shoah la renaissance du peuple juif ne pouvait passer que par « Une Terre bien à soi et capable de se défendre ».
Les titrse de ses livres sont l’illustration de son parcours, j’en cite quelques-uns:
Le Sionisme (Que-sais-je PUF 1978), Philosophie de l’Antisémitisme (PUF, 1985), Être et Exil (Les Provinciales,2006), Israël et La France : l’Alliance égarée (Les Provinciales, 2014), Pour une Politique de la Transmission (Les Provinciales, 2016).
Tous ces ouvrages révèlent une analyse et une réflexion d’une actualité brûlante aujourd’hui.
Lors des randonnées organisées par le KKL, Michel retrouvait naturellement son rôle d’animateur comme à l’époque du DEJJ, faisant chanter les adultes, racontant des blagues, et tout en transmettant l’histoire d’Israël, il nous faisait découvrir la terre donnée « avec nos pieds » en étant toujours attentif à chacun.
Aujourd’hui les milliers de livres de sa bibliothèque personnelle ont trouvé place au lycée franco israélien de Mikvé Israël à Holon et la bibliothèque du lycée porte son nom.
Quoi de plus symbolique pour celui qui a consacré sa vie à Israël, à l’Éducation et à la Transmission ?
Je souhaitais témoigner pour Michel que j’ai côtoyé de 1965 à son dernier souffle en 2018.
Grâce au DEJJ, j’ai rencontré un ami fraternel, un Mensch.
Nicole OKRA
JAC Paris